Les séducteurs d’hier et d’aujourd’hui au Japon

Les tigres n’attendent pas que l’occasion se présente pour séduire. Ils créent l’occasion. Le prince du Genji était un séducteur patenté. Murasaki Shikibu, auteure du premier roman du Japon, du monde peut être, a conté l’histoire de ce fils impérial qui vivait à Kyôto au 10ème siècle, à un moment où la culture japonaise avait atteint un niveau de raffinement et de sophistication sans précédent. A cette époque, les aristocrates et les artistes évoluaient dans un monde fait de recherche esthétique, de poésie, de sensualité et d’intrigues amoureuses. Le prince du Genji, quand il n’écrivait pas de poèmes, était un assidu fréquenteur de lits. Le Japon a aussi sa littérature libertine et ses Casanovas. Le genre regorge de chef d’oeuvres, comme ceux d’Ihara Saikaku auteur en 1682 du Koshoku ichidai otoko ‘l’homme qui ne vécut que pour aimer’, un roman probablement autobiographique.

Les tigres d’aujourd’hui, les nikushokukei danshi, littéralement les ‘carnivores ‘, ne pratiquent pas toujours la versification, mais ce qu’ils ont en commun avec leurs grands aînés, c’est l’amour de l’amour, de la chair et et de la cynégétique féminine. La majorité des hommes étant soushokusei, herbivores, comprendre sans intérêt pour la gente féminine, les nikushokusei ont cet avantage d’être minoritaires, et donc peu concurrencés…