Les poupées à voix fluette encadrées par des vieux beaux.

Les TV show de la télévision japonaise aiment les femmes jeunes. Qu’elles soient présentatrices ou invitées pour chanter ou parler de leur carrière d’actrice, elles sont le plus souvent apprêtées comme des barbies, la peau toujours très blanches, maquillées, les yeux très soulignées et les cheveux éclaircis coiffées au fer qui font des grandes boucles de belles au bois dormant.

Elles débitent leur texte avec une voix mignonne, immature, toujours fluette, blanche et sans timbre. Des voix badines avec lesquelles on ne badine pas. Au Japon, avoir une voix appropriée est un impératif catégorique pour le succès.

Le ton est toujours le même, à la fois enjouée et excitée. Le rythme de la diction, le débit, les accentuations sont codifiés pour coller au personnage que les présentatrices doivent jouer : la poupée infantile à la féminité naïve et exacerbée que les hommes regardent débordés de désirs.

Si les hommes n’ont pas toujours l’air moins cruche, ils sont considérés comme plus crédibles. Elles, bien gentilles, mais peut on vraiment leur faire confiance ? On préfère les contempler dans une posture hystérique et s’amuser de leurs petits caprices, de leurs saillies drolatiques et des petits commentaires qu’elles font sur leur appétit ou leur repas de la veille.

Inévitablement, elles sont encadrées par un vieux beau. Un type qui joue sur le registre j’étais un séducteur et un homme fatal et je suis persuadé de l’être encore. Les jeunes filles sont souvent des faire valoir pour la virilité de ces messieurs.

Dans les documentaires animaliers ces jeunes femmes font souvent la voix off pour le commentaire. Comme dans les TV show, il s’agit de dispenser du miel dans les oreilles des hommes, d’accord pour regarder des crocodiles à condition d’être affriolés par la voix qui explique. Et la nature de devenir merveilleuse et séduisante. Souvent le discours est accompagné de petites animations et autres croquis de personnages angéliques qui apparaissent sur l’écran en surimpression ainsi que par une ribambelle d’effets sonores mignons, de bruits de clochettes ou de bip électroniques enfantins. Et l’affaire est dans le sac.

Parmi les figures obligées omniprésentes dans le showbiz japonais, les chanteuses habillées comme des lycéennes, qui ont l’air d’en avoir l’âge et sautillent en faisant virevolter leur marinière et leur minijupe plissée. Elles ont des belles franges brunes et font des chorégraphies qui ressemblent à de l’aérobic en chantant Je t’aime et j’ai besoin de toi. Elles participent aussi à l’animation de plateaux télé.

Les plus polyvalentes, qui marient une carrière d’actrice, de chanteuse, de présentatrice et de star de la publicité, sont appelées talento. Certaines sont l’objet d’un véritable culte. Elles sont parfois mise en scène dans les gestes insipides de leur vie quotidienne puis filmées et diffusées sur Internet. On les voit faire du shopping, préparer la cuisine, dire bonjour à leurs parents. Bref faire comme tout le monde et être pour cela l’objet d’une curiosité et d’un étonnement très rentable.