Les gokons ou les soirées rencontres entre amis d’amis (es)

Les Gokons sont finalement une variante très populaire de l’omiai. Un organisateur, qui peut être une société spécialisée ou un ami ayant des relations, organise un repas, généralement dans une petite pièce privée d’un izakaya. Il réunit des gens qui ne se connaissent pas avec un souci de parité homme femme et de compatibilité socioculturelle. Parfois, les choses ne s’y passent pas tout à fait comme prévues, surtout quand un des invités est occidental. Témoignage d’un ami, invité dans un gokon : « Je me retrouve avec mon pote Taro, qui m’a invité, dans un Izakaya de Shibuya spécialisé dans les Gokons. La déco est plutôt high-tech et les serveurs sont tous sapés dans le style visual, un remake futuriste du look new wave des années 80. Des vêtements serrés aux pans alambiqués et au tissu parfois lacérés, plutôt monochromes, des chaines et des accessoires, des visages maquillés, des coupes de cheveux mi longs sculptées au gel donnant des faciès d’androïdes. Shingo, l’organisateur qui est guitariste, viens me parler. Il admire le jazz, la guitare manouche et le flamenco. Il apprend l’espagnol, le français, l’anglais avec des méthodes. Un garçon passionnant mais qui n’a pas l’air de trop s’intéresser aux filles présentes dans l’assemblée. Elles sont trois. J’ai été le seul à leur parler bizarrement. Les autres garçons dont Taro étaient soit ni intéressés, soit trop timides. Ils n’ont même pas fait un effort et j’ai dû faire tout seul l’animation. Forcément, j’ai dirigé ma conversation vers les deux plus mignonnes, une surtout, tout en essayant de distribuer parole et regard démocratiquement, par stratégie et par politesse. Au départ, j’ai senti une déception. On ne se comprenait pas. Elles s’attendaient bien sûr à rencontrer des japonais. Généralement, l’organisateur d’un Gokon ne dévoile rien à l’avance de l’identité des participants. Finalement, en gardant le sourire, la conversation s’est vraiment bien passée et la séduction l’a emporté sur la légère gêne du début. En vraies japonaises, elles ont beaucoup bu. Elles se sont ébaubies sur une Téquila sel citron et « Ah bon ! Il n’y a pas de tremblement de terre en Europe »etc. Elles sont de Yokohama. Université de socio, langues et Cie. En partant, nous échangeons nos numéros. Avec les deux plus jolies. Je ne le demande pas à la troisième, qui de toutes les façons, à la faveur d’un siège libéré, s’était déplacée, lassée de n’être pas sucessful . C’est triste. Je me suis senti cruel. Mais c’est la loi des choses de l’amour. » Julien from Tokyo.