Les étrangers, ne touchez pas aux japonaises!

Le pays où les hommes peuvent être d’une insigne goujaterie avec les étrangers qui s’intéressent de près aux japonaises.

Quelques témoignages édifiants sur le sujet :

« J’étais devant le bar. Elle s’est retournée, m’a souri puis m’a dit genki, ça va, avant de m’intimer de la suivre. Quelque chose d’immédiat est passé, un fluide qui nous a accrochés les mains. Nous avons dansé pendant des heures sur la piste du night club électrisé par du bon hip hop. Une danse sensuelle et spontanée d’androgyne primitif. Elle voulait se faire étreindre, se faire caresser, se sentir dans des bras puissants. Elle m’a mis à droite, à gauche, devant, derrière elle. Et je suis resté des heures étroitement lovés dans les bras de cette inconnue, plus que je ne l’aurais fait avec ma propre fiancée. Il y’a des gens avec qui le contact physique est gênant et d’autres avec lesquels il devient indispensable. Avec elle c’était réciproque et nous ne supportions pas d’être décollés par une péripétie , d’être déporté par un mouvement de la masse qui était au coude à coude dans l’étuve.

La chaleur et la texture de sa peau que je sentais, les formes de son corps, son sourire, son parfum, sa manière de faire des gestes insignifiants. Tout cela me plaisait. Nous n’avions pourtant pas parlé et nous nous sentions en symbiose. C’était ça qui était fascinant : combien le langage peut parfois être une barrière, un obstacle.

Puis j’ai senti un autre bras s’immiscer par derrière. Un garçon qui la prenais déjà par la taille et la tirait vers lui. Son petit copain, son frère ? « Tu le connais ? » Lui ai-je demandé ?

– Non !

Le garçon a tenté de s’engager entre elle et moi. Je l’ai dévisagé, l’ai fixé fortement. Il ne m’a pas regardé, continuant le job. Alors, je lui ai attrapé la joue en la pinçant. « Nani ka surunda ? Qu’est ce que tu es en train de faire là ? », lui ai-je demandé, tout en m’apprêtant à écraser entre mes mains ce qui lui servira à assurer sa descendance un jour. Mais elle l’avait déjà éconduit, se décalant vigoureusement. »

Pierre

« Je suis avec un ami à la sortie de la boite en face des lockers, les casiers automatiques qui servent de vestiaire. Deux jeunes filles arrivent qui engagent la conversation. Quelques minutes plus tard deux types se pointent, nous regardent un peu obséquieusement et s’incrustent dans la discussion : « Oh ! Vous aimez les filles japonaises ! Laquelle vous plait ? »

Je les ai regardés en colère : « Il ne faut pas dire des choses comme ça ! »

Une fois, à l’époque des cerisiers en fleurs, dans le parc de Maruyama à Kyoto, avec un autre ami nous discutions à bâtons rompus avec quelques demoiselles. Deux types s’amènent encore une fois, dévisagent les filles et nous adressent la parole en souriant, mais avec la ferme intention de jouer les troubles fêtes. Les filles s’échappèrent ; les types ne firent pas long feu non plus. Nous, le temps, abasourdis, de réaliser ce qui s’était passé et l’envie de nous battre nous est montée au nez. Mais tous s’étaient déjà évaporés dans la foule »

Clément

« Avec ma petite amie dans les rues de Kyoto l’accueil n’est pas le même que quand je suis seul. Les japonais d’habitude si prévenants avec les étrangers deviennent beaucoup plus indifférents et taciturnes. Parfois les commerçants ne me regardent pas, jugeant beaucoup plus simple d’adresser la parole à une japonaise. Ils s’adressent exclusivement à ma copine. J’ai l’impression d’être complètement transparent.

La mère de ma copine m’a confié un jour : à la fin des années 80, avant de me marier, je sortais avec un américain. Quand nous sortions, il m’est arrivé d’entendre dans notre sillage résonner la voix des hommes jaloux : « vous les étrangers, ne sortez pas les japonaises du Japon !  » » .

Matisse

“Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’aborder une japonaise, de discuter avec elle et de voir arriver une de ses conaissances, ami, ou même un parfait inconnu, qui sans même me regarder, s’est adressé à lans du groupe, de la cohésion sociale, peut ici conduire deux personnes qui se connaissen fille pour lui demander si ça allait, si je ne la dérangeais pas…
Impensable en Europe. Le set plus ou moins à se solidariser face à l’immixion d’un étranger, élément forcément extérieur, potentiellement gêneur, quand bien même il serait totalement paisible, gentleman et fair play. Il faut aussi prendre en compte le fait que les femmes japonaises n’osent pas toujours, n’ont pas toujours la force de caractère d’éconduire leur poursuivants. Leur possible soumission peut expliquer que certains hommes, croyant bien faire, puisse être tentés, le sens du devoir aidant, d’intervenir pour les libérer croient-ils. Non obstant, pourrait on imaginer la même réaction si le galant, pouvant paraître un peu collant au tiers, était cette fois japonais? Le débat reste ouvert.

Jules

Certes, on peut trouver des exemples de ce genre de muflerie, mais franchement l’inverse est vrai aussi parfois. Un chauffeur de taxi a fait le compliment à ma compagne d’avoir trouvé un étranger aussi cool que moi…Flagornerie à la japonaise mais quand même…Il nous a posé quelques questions, s’est enquis de notre situation maritale, et semblait ravi. Je nuancerais le propos ici donc. Mais…objectivement, c’est vrai que je me sens parfois jugé, sur la selette. On me demande toujours, quand je suis seul et que je parle de ma copine, si elle est japonaise. Parfois, je sens dans les yeux de mon interlocuteur une totale indolence, parfois au contraire, un éclair de jalousie, et une gène s’installe…Compte tenu du nombre de célibataire ici, et même de puceaux quadragenaire, l’existence de couple mixte fait parfois rager les hommes qui aimeraient bien mais n’y arrive pas. Voir des étrangers qui ont parfois la côte ne fait pas toujours l’unanimité et peut susciter l’envie. Par chance la suréducation limite les explosions de violence ou de vengeances incontrôlées.

Nico