Le pays où la Police retrouve ton vélo quand on te le vole, le transporte à côté de chez toi et t’appelle pour te le rendre.

« Allo ?

– Bonsoir c’est la police ! »

Il était 22 heures et je m’attendais à tout sauf à ça…La police ?!

« Vous êtes monsieur x ?

– Eh…oui…c’est ça.

– Nous avons un vélo à votre nom au koban, l’antenne de police de quartier de Kita Oji Karasuma.

– Ah bon ! Je me le suis fait voler il y’a trois semaines ! Vous avez mon vélo ?!

– Oui. Quand pouvez-vous passer le chercher ?

– Dans 10 minutes.

– A tout de suite alors. N’oubliez pas votre passeport.

– Oui bien sûr. Merci beaucoup ! A tout de suite !

Les deux agents de garde du Koban m’attendaient derrière la porte vitrée avec la sourire. Ils me firent reconnaitre formellement le vélo avant de me demander de compléter un formulaire de récupération en m’aidant à écrire les kanjis que je ne connaissais pas bien. Ils m’expliquèrent que le vélo avait été récupéré par une patrouille à deux ou trois kilomètres de chez moi, près de l’université de Ritsumekan. Cela voulait dire que les services de police l’avaient transporté à l’antenne la plus proche de là où j’habitais pour me faciliter la tâche !

Chaque vélo étant immatriculé, c’est la loi au Japon, il est facile de retrouver le nom, l’adresse et le numéro de téléphone du propriétaire. Il n’empêche que je n’avais pas porté plainte lors du vol de mon vélo. Pourquoi donc avaient-ils bien pu déclencher des recherches? Laissé peut être en déshérence sur un parking, des gardiens, habitués à voir des vélos volés et abandonnés par des étudiants, avaient dû faire un signalement.

« Voilà, monsieur, merci. »

Les deux policiers s’inclinèrent et me souhaitèrent un bon retour. « N’oubliez pas d’attacher votre vélo la prochaine fois, même devant chez vous ».

En un an et demi d’utilisation quotidienne, je ne l’avais jamais fait.