Le gros morceau de viande que je ne saurais voir.

Le rapport des japonaises, éventuellement des japonais, à la viande est ambigu. Beaucoup en mangent mais peu aiment la concevoir telle qu’elle est, de la chaire d’animal mort qu’on a découpée. Au Japon, la viande, se mange émincée, tranchée fine afin d’être saisie facilement par des baguettes. Pas question de se retrouver avec un gros pavé de rumsteck dans l’assiette qu’il faut attaquer au couteau. Dans les débits de viande, ne cherchez pas non plus les animaux entiers, les volailles notamment. Cela dégoutte les gens. Cachez ces cadavres d’animaux que je ne saurais voir. Le porc, le poulet, le bœuf, le veau, le mouton s’achètent volontiers mais de préférence dans des cercueils de barquettes polystyrène au catafalque en cellophane. Pesés, préparés, hygiéniques, désincarnés…ces petits paquets inodores sont tellement rassurants qu’on en mangerait.