Les lieux pour les femmes, les lieux pour les hommes.

Les femmes sont les clientes presque exclusives des pâtisseries occidentales, des salons de thé et des cafés croquignolets tendance lounge ou ethnique qui font florès au Japon. Elles fréquentent souvent des adresses différentes selon leurs âges. Il y a une certaine ségrégation entre les classes d’âges au Japon, la jeunesse aime moins qu’ailleurs se mélanger avec les aînés. La société étant homogène mais très hiérarchisée, il faut donc bien inventer des cloisonnements pour se retrouver dans de prétendus entre-soi. Toutes se damneraient pour déguster un opéra ou un cheesecake en lisant ou en discutant avec leurs copines pendant des heures.

Elles sont en revanche bien moins nombreuses dans les restaurants de ramens, véritables institutions qui drainent majoritairement les hommes, toute extraction sociale confondues. On y déguste des nouilles salées au bouillon, servis avec des tranches de porc, dans un cadre généralement très basique.

Ainsi, il y a Japon un clivage très net entre les lieux qui attirent les hommes et ceux qui attirent les femmes. Ce n’est ni la discrimination, ni la ségrégation qui explique le phénomène. Il faut y voir plutôt le résultat d’une forte différenciation entre les identités sexuelles et leurs goûts réciproques. Les femmes cultivent depuis leur plus jeune âge le goût pour les conversations de boudoir, les princesses, les châteaux, les rubans, le rose et tout ce qui brille.

Les hommes au contraire, ont souvent un vernis de solennité austère et taciturne, trait typique du caractère japonais.