Nihon, ichiban anzen !

Méthode pour garer son vélo au Japon : tu t’arrêtes devant l’endroit où tu vas, tu mets la béquille, tu pousse le loquet symbolique qui bloque la roue avant. Tu peux revenir dans une semaine. S’il n’y a pas eu de tremblement de terre, ton vélo sera toujours là. Tu es même à peu près sûr de retrouver le paquet de cigarettes que tu avais laissé dans le panier à l’avant.

Dans les commerces, peu de vols aussi. Le nombre de vigiles dans les centres commerciaux est réduit à la portion congrue. Tu trouveras plutôt des ersatz de gardiens, de vieux messieurs à l’air débonnaire, destinées à renseigner le badaud ou à faire tapisserie. Même les convoyeurs de fond quand ils vident une banque n’ont même pas la main où je pense. Et dans les villes de province, il y a encore des gens qui ne ferment pas à clé la porte de leur domicile.

Dans la rue les pickpockets sont quasi inexistants. Quand aux violences faites aux personnes pour un vol ou par plaisir, elles sont réduites quasiment à néant. Pas besoin de molosses dans les bars ouverts la nuit.

Il n’y a guère de fouilles de sacs à l’entrée des lieux bondés, aux pieds des tours, devant les musées. Pas de terroristes attendus au Japon. Quand aux flics, ils sont tellement discrets que malgré leur uniforme ultra-kitch, on ne les voit pas, sauf quand on passe devant les koban, leurs petits bureaux situés régulièrement aux coins des rues. Une présence naturelle et paisible inscrite ordinairement dans le paysage. Respect total de l’uniforme.

Il est quatre heures du mat, toi occidental, jeune-fille en mini jupe ou jeune-homme avec un portefeuille qui dépasse de ta poche arrière, tu marches tranquillement avec l’impression que la ville t’appartient et que rien ne pourra t’arriver. Mais tu te trompes. Tu vas tomber sur quelqu’un. Au feu.

« Eh… where do you come from ? ».

Alors que tu attendais le vert en scrutant les alentours, il a vu que tu étais paumé et il va te mettre sur la piste. Juste comme ça, par plaisir de parler un peu. Tu discutes devant un distributeur automatique de boissons. Pas un n’est vandalisé. Puis, tu reprends ta route : pas de tags, pas de vitres gravées, pas de scooters renversés par plaisir. Tu regardes les portes d’entrées : pas beaucoup d’interphone au pied des immeubles. Tu prends le premier métro pour rentrer chez toi. Pas de fauteuils lacérés, de chewing-gum collé, de gros lourds en bande pour te taper une clope ou du fric et te remercier par une bonne droite. Pas de mecs qui hurlent ou qui fument. Du coup, rien ne t’empêche de t’endormir. Et forcément, tu rates la station. Il faut toujours qu’il arrive quelque chose quand on sort !