Les mains, le savon et les lavabos au Japon.

Sekken de te wo aratte kudasai ne.

Lave-toi les mains au savon s’il te plaît !

Le savon au Japon : marques de luxe européenne ou marque standard grand public ? Tous les goûts, toutes les gammes, tous les prix. Les boutiques de cosmétiques, les supermarchés et les pharmacies drugstores en regorgent au point qu’on voit à peine les médicaments dans les allées de ces dernières. On trouve aussi du savon gratuit dans tous les lieux publics, une sorte de service minimum assuré. A l’hôtel, au restaurant, dans les entreprises, les établissements scolaires, à la piscine, les toilettes publiques, il y a toujours ce précieux pain de soude ou cette bouteille de glycérine qui t’aideront à te sentir coupable de ne pas t’en servir. Au restaurant, il est d’usage de se nettoyer les mains à table avec des oshibori, des serviettes humidifiées dans du désinfectant et pliées sous plastique.

Est-ce à ce point aussi nécessaire dans un pays où l’on ne se sert pas la main et où le ménage est un élan national et la propreté des lieux publics, sans cesse nettoyés, d’un niveau jamais atteint ailleurs ? Même les fruits sont vendus sous plastiques individuels pour ne pas être contaminés par les bactéries de toutes les mains pleines de doigts qui viendraient les tâter…

Malgré ce, les keppiki, les maniaques de la propreté hésiteront à toucher jusqu’au poignées suspendues des rames de métro ou s’assècheront les mains à trop souvent les savonner…

Il est des lavabos équipés de distributeur de savon liquide intégré sous la forme d’un deuxième robinet automatique. Tu passes tes mains sous un conduit et vvvvv une noisette de savon, tantôt gluante tantôt déjà mousseuse, te tombe dans le creux de la main. Et les laver devient un plaisir sensuel. Reste le séchage dans les souffleries grille-pain, invention japonaise désormais répandue dans le monde. A défaut, il y a toujours un distributeur de papier jetable. On trouve parfois aussi, pour les paresseux, des lavabos 3 en 1 : trois orifices sont incrustés dans la vasque, situés à une vingtaine de centimètres les uns des autres. Le premier pour le savon. Le deuxième pour l’eau. Le troisième pour le séchage. L’activation de chacune des fonctions est automatique quand on approche les mains.

Enfin, l’ingéniosité rimant avec simplicité, les couvercles des chasses d’eau sont parfois équipés d’un mini robinet et d’une petite vasque percée d’un trou. On se lave les mains sous l’eau qui sert aussi à remplir le réservoir. Une solution qui permet d’économiser de la place et limite la consommation d’eau. On ne pourra pas dire, l’écologie, je m’en lave les mains.