Madamu chaneru

Elles sont les héritières des Moga des années 30, les japonaises occidentalisées qui ressemblaient aux ‘garçonnes’ de Paris, fumaient et portaient les cheveux courts. On les appelle désormais les madamu. Un mot d’origine français aux connotations les plus chics entré dans le lexique japonais.

Office lady suractives ou shufu, femmes au foyer gâtées par leurs maris, elles sont trentenaires ou plus et s’habillent avec des marques de luxe italiennes ou françaises. Sac à main Vuitton, tailleur Chanel, chaussures à Talons hauts Prada : elles sont coiffées et bijoutées en rapport. Urbaines et cultivées, elles apprennent souvent le français, langue perçue au Japon comme une langue aux sonorités harmonieuses, vecteur d’une culture raffinée et…tellement exotique. C’est aussi un apparat socio-culturel valorisant. On trouve les madames dans les rues et les boutiques chics ou les salons de thé-pâtisserie de Ginza autour d’un macaron Ladurée, fraîchement importé par avion de l’hexagone. Elles vont régulièrement en vacances dans le 8ème arrondissement en empruntant exclusivement les lignes Air France ou JAL en classe affaire : les coffres sont moins encombrés pour y glisser son vanity.