Du moins c’est ce qu’il a cru…jusqu’à sa mort.
En 1492, quand il débarque en Amérique, en réalité sur l’île de Salvador dans l’archipel des Caraïbes, Colomb croit en effet mettre le pied aux abords du Japon.

Si on admettait alors la rotondité de la terre, personne n’avait idée de l’existence de l’Amérique. En face de l’Europe, à l’ouest, le Japon correspondait à la porte septentrionale des Indes, le terme désignant grosso modo à l’époque l’Asie du sud et du sud est, y compris l’Indonésie.

Cipango, toponyme d’origine chinoise désignant le Japon, avait été mentionné par Marco Polo dans son livre des merveilles ou la devise du monde où il relate son séjour en Chine au 13° siècle. Il y explique que l’île a du point de vue des chinois, la réputation d’être si riche en métaux précieux que le toit du palais du souverain est en or.

Il n’en faut pas moins aux européens, dont Colomb, pour extrapoler ces allusions et mythifier le Japon…déjà.

Colomb emporte la carte de Toscanelli (1463) qui représente l’Europe ainsi que l’océan Atlantique avec Cipango exagérément grossie et décalée vers le sud, et appareille avec ses 3 caravelles pour un voyage dont il sous estime la durée : on ne subodorait pas alors l’existence de l’océan pacifique. Avec ses instruments de navigation, il vise Cipango dont il convoite les richesses supposées et il en brigue l’autorité.

null

Carte de Toscanelli (1463)

Soutenu par les roi et reine d’Espagne qui flairent le potentiel économique, Il espérait aussi baliser une nouvelle route maritime directe par l’ouest. Le Japon aurait pu être la tête de pont de cette voie commerciale qui se serait substitué aux routes de la soie continentales ou à celles traversant l’océan indien pour transporter les marchandises d’Orient vers l’Europe.

Pourtant, à Salvador, à Cuba, à Hispaniola (Haïti), Colomb ne retrouve pas les descriptions de Marco Polo et les cités d’or tant espérées. Nonobstant, après ses 4 voyages, il s’accroche à l’idée qu’il a caboté du côté d’îles périphériques inconnues de Cipango qu’il reconnaît toutefois ne pas avoir atteint directement. Il emporte cette méprise dans sa tombe en 1506.

C’est Amérigo Vespucci qui par la suite eut l’intuition d’un nouveau continent auquel on donnera son nom. Quand au Japon, il faut attendre 1543 pour que le premier européen, le portugais Fernao Mendes Pinto, y aborde.